CH'È PERSU (IL EST PERDU!)

Texte: * Salvatore Meccio / ** Traditionnel

Musique: Salvatore Meccio, Massimo Laguardia, Nicolò Terrasi, Luca Lo Bianco

Arrangements: Tammorra

 

La quête de l’amour peut se faire de bien des façons;  Cola la fait poétiquement  entre un verre de vin et des échanges amoureux dans les bars nocturnes. Mais tous les matins, il se retrouve seul dans son lit.

 

** Si j’étais la pierre du seuil de la porte où tu t’assois durant le jour 

Si j’étais la branche d’un arbre d’amour, du soleil j’aimerais te protéger

Si j’étais une étoile, la lune et le soleil, sur ta poitrine je me reposerais

Si j’étais un oiseau de milles couleurs, ma belle, je me poserais sur ta tête pour chanter

 

* Il est perdu Cola, il est vraiment perdu; il a perdu la tête

Il court après une fille

Le sang lui monte à la tête et le pousse vers elle

Il lui sourit et lui parle comme un connaisseur

Il lui parle de l’amour en s’agrippant à son verre

 

Il est perdu, Cola il est vraiment perdu, il laboure le terrain

Sème un peu de lune et l’arrose de vin

Il lui fait une caresse et orne son cœur 

D’une guirlande de fleurs de milles couleurs

 

(Chœur : Secouer le ventre, remuer les pieds, osciller la tête et vider les verres) 

 

Comme il est sot! Cola est un sot, la fille connaît le jeu 

Elle lui donne un baisé pour s’amuser

Elle lui offre son jardin dans les vapeurs du vin   

Il drague le damné et va se coucher seul le matin

DIAVULI E SANTI (DIABLES ET SAINTS)

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio, Vittorio Catalano, Giampaolo Terranova

Arrangements: Tammorra

 

Sur cette terre, nous assistons à la lutte éternelle entre le bien et le mal. À nous de décider de quel côté nous voulons nous positionner. Dans tous les cas nous ne pouvons pas rester inertes comme des bœufs d’attelage dans un champ.

 

Courrez, courrez

Courrez tous ensemble

Ici les diables et les saints se disputent

 

Paix et guerre 

Jouent à la mourre

 

Le joug des bœufs, le veux-tu ou non?

Tu tires ta charrette et tu ne penses qu’à toi?

 

Le bonheur et le malheur 

Contrôlent la pensée

 

Penser ou ne pas penser

Cerveau, laisse moi tranquille

 

Mort et vie

Celui qui gagne t’invitera

À te promener avec la nouvelle fiancée 

 

Le joug des bœufs, le veux-tu ou non?

Tu tires ta charrette et tu ne penses qu’à toi?

 

 

 

GIUVANNI

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio, Vittorio Catalano, Luca Lo Bianco

Arrangements: Tammorra

 

Giovanni a décidé de vivre une vie en dehors des schémas imposés par la société.

Quelque soit ses raisons, c’est un homme libre qui, malgré les apparences, mérite le respect pour le courage de son choix.

 

Giovanni s’est vêtu de fou

Il a trouvé une petite radio et l’écouter sans cesse

 

Il se promène dans les rues

Et sourit à tout le monde 

Même à ceux qui sont de mauvaise humeur

 

Il compte les mouches dans l’air

Quand il s’arrête, il philosophe 

Il dit qu’il est seul comme un chien abandonné

Mais il n’est pas un chien puisqu’il parle

 

Que de monde, quelle confusion!

Il s’est pissé dessus, c’est impressionnant!

 

Pourquoi te moques-tu ? Ne le dérange pas

Ne vois-tu pas que c’est un homme libre

Et qu’il peut se permettre d’agir ainsi

 

VECCHIASTRINA

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio

Arrangements: Tammorra

 

Les enfants attendent avec agitation et un peu d’anxiété  l’arrivée de la «Befana».

La veille de l’Epiphanie, le 6 janvier, ils s’endorment tiraillés entre le désir de recevoir des cadeaux et la peur de trouver du charbon à leur réveil. 

 

Je vole à califourchon sur un balai 

Dans l’obscurité de la nuit, je m’enfile dans les maisons

 

Je suis vielle et n’entends pas

Les prières des gens hypocrites

J’entends seulement la voix des petits enfants

Mais si un seul n’a pas été sage

Je ne lui amène que de la paille et du charbon

 

Jolie sorcière qui vient de loin

Apporte-nous des jouets pour que nous nous amusions

Apporte-nous des poupées, des toupies et des chapeaux

Epées et pistolets, motos et petites voitures

Apporte-nous des crayons, du papier et des pinceaux

Pour peindre avec les couleurs et ne pas perdre l’allégresse

 

Maintenant endors-toi

Si tu ne dors pas, la “Befana” ne viendra pas

Je vais te chanter une berceuse et tu l’appelleras dans tes rêves

Elle entend seulement la voix des enfants

Mais si un seul n’a pas été sage  

Elle lui amènera seulement de la paille et du charbon

 

 

ARIA DILICATA (BRISE DÈLICATE)   

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio, Vittorio Catalano, Massimo Laguardia

Arrangements: Tammorra

 

Dans l’inexorable flux de la vie, certains sentiments restent solides et forts, tels que l’amour, l’enracinement à la terre natale et les expériences vécues en première personne. Tout ceci m’amène encore aujourd’hui à contempler la beauté de la nature, unique référence sensorielle de notre voyage terrestre.

 

Ma vie coule comme un fleuve

Elle descend rapide entre les pierres, sans s’arrêter

Et toi qui m’accompagnes, brise délicate

Tu me caresses avec amour

Et réveilles mes sens assoupis au fond de l’eau

 

Comme l’arbre, mon âme oscille

Elle se dirige hésitante vers le ciel immense

Et vous, racines puissantes, qui me maintenez

Solide comme un clou fixé dans le sol

Donnez vie à l’amour que je nourris 

Pour ce monde martyrisé

 

Et je reconnais le goût de la mer salée

J’admire les lumières du ciel étoilé

J’aime toucher les champs de blé

Et respirer jusqu’au plus profond

Les herbes parfumées que la nature nous donne

 

Mes mains parlent comme un livre

Regarde tout ce qu’elles ont touché

Ma peau morte et née à nouveau

Mille et mille fois, toujours plus résistante

Elle me fait sentir le soleil et le vent

Et frissonner de plaisir

 

 

 

L’ACCHIANATA (L'ESCALADE)

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio, Vittorio Catalano, Luca Lo Bianco, Nicolò Terrasi, Massimo Laguardia 

Arrangements: Tammorra

 

Cette chanson est une métaphore ironique sur le sens de la vie. Elle parle de la dévotion bigote qui fait l’éloge du sacrifice. A la fin, Turi comprend que pour changer et améliorer son existence, il vaut mieux cesser de demander et de souffrir et qu’il est préférable de donner et  de se réjouir.

 

Ouf! …. midi pile

Comme il fait chaud!

Que dois-je faire?

Allez! cette année, je dois la faire cette escalade

Debout ou à genoux?

À genoux c'est peut-être mieux!

Eh! Et si j’arrive là haut

Et que rien ne se passe …

Pourtant, je dois essayer 

Ah! Bon! Au pire… je rentre!

 

Tout seul je m’en allais 

Sur le Mont Pellegrino* 

Déchaussé et à genoux

A bout de souffle, sous le soleil

La langue pendante

Trempé de sueur

 

Ma grand-mère me l’avait dit:

«Si tu souffres pendant la montée,

Tous les miracles qui tu lui demanderas

Elle les accomplira

Elle est gentille, elle est bénie…

Mais l'Escalade, tu dois la faire jusqu’au bout!»

 

Courage Turi**! Ta vie peut changer,

Si tu veux qu'elle change, sois courageux

Il n'y a pas de douleur, ni de sueur

Qui ne mérite pas d’attention.

 

À moitié mort j'y suis arrivé 

Et dans la grotte je me suis couché.

Je n'ai même pas eu la force d’ouvrir la bouche

Que tout de suite une voix m’a dit: 

«Turi, toi qui porte Son nom

Pourquoi veux-tu aussi porter Sa croix?

Que crois-tu?  Qu’en t’écorchant les genoux 

Une fois tous les cinq ans, moi je vais mettre fin à tes problèmes?

 

Lève toi et va-t’en 

Ce n'est pas l’heure des faveurs.

Si tu veux changer tu ne dois pas écouter ta grand-mère 

Prends plutôt ta moto et quand tu reviens ici, chante moi une chanson!

Chante, chante Turi pour que tes soucis disparaissent!»

 

Je vais manger des “calia, simenza et babbaluci” ***

C’est la fête de ma “petite” Sainte  

Je vais regarder le feu d’artifice au port 

Et crier à tue-tête: 

Hourra, hourra Sainte Rosalie,

Toujours hourra pour ma petite Sainte

Hourra Sainte Rosalie!  

 

 

* “Monte Pellegrino” mont qui domine la ville de Palerme et où se trouve le sanctuaire et la grotte de Sainte Rosalie, la Sainte protectrice de la ville. Tous les ans, le 4 septembre, un pèlerinage est organisé en son hommage

 

** “Turi” nom abrégé de Salvatore, en italien le nom du Christ Sauveur

 

***  “Calia, simenza et babbaluci” pois chiches secs, graines et petits escargots ; mets typiques qui se mangent pendant la fête dédiée à la Sainte 

 

 

BALLU TUNNU (RONDE)

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio

Arrangements: Tammorra

 

En imposant de nouveaux pas à la danse que nous conduisons, nous avons la possibilité de changer la musique qui accompagne ce bal qu’est la vie ; nous devons simplement avoir le courage de le faire. Je n’arrêterai jamais de le répéter jusqu’à en faire exploser votre tête …  seule la danse restera et nous guidera sur le chemin.

Celui qui dit qu’on n’y peut rien 

N’est pas courageux et ne se met pas en jeu

 

À ce bal qu’est la vie 

Dansez et la musique changera

Quand vous dansez

Vous me faites fondre de plaisir

 

Où est-il écrit que nous devons pâtir

Je dois le dire et redire

Jusqu’à ce que votre tête éclate

 

Chœur :

Quelle douleur quand tu te mets à crier

Tais-toi s’il te plaît, je veux seulement danser!

TU COMU STAI?  (ET TOI, COMMENT VAS-TU?)

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio, Vittorio Catalano

Arrangements: Tammorra

 

Nous allons trop vite et  ne prenons pas le temps d’échanger ! Dans cette société nous ne pouvons pas continuer à vivre superficiellement pour alimenter une existence vaine. Je veux réagir, même avec violence, à cette condition ; mais la violence n’amène pas à la raison; il est donc préférable  de trouver encore une fois la force de te parler de soleil, de mer, de feu, d’étoiles et de la façon de nous aimer. Mais l’amour ne se raconte pas, il est fait de caresses, de souffle et de cœur, il est fait d’yeux remplis de désir

 

Et toi, comment vas-tu ? Moi, je me sens seul au milieu de mes ennuis

Quand trouverons-nous un peu de temps pour parler de nous deux?

J’aimerais te dire, sincèrement, la force qu’il me faut 

Pour parler de la terre et de la mer, du soleil et des étoiles

Du feu et des étincelles et de la manière nous aimer

 

Mais l’amour n’est pas bavardage

L’amour que tu dois me donner

Est fait de caresses et de battements de cœur

Il est fait d’yeux qui veulent se contempler

De regards qui se désirent

 

Toute la nuit je suis resté éveillé pour trouver ces paroles:

«Oh, que crois-tu, que nous devons mourir pour nourrir ce qui est vain?»

Je te dis, avec toute la rage dans mon cœur, la force qu’il me faut

Pour ne pas trancher, étrangler, empoisonner ou tuer

Ceux qui m’exaspèrent

 

Mais la vengeance ne donne pas raison

La raison fait causer

Elle est faite de paroles et de voix hargneuses

Elle est faite d’yeux perçants

De regards qui brûlent

 

Et toi, comment vas-tu ? Moi, je me sens seul au milieu de mes ennuis

Quand trouverons-nous un peu de temps pour parler de nous deux?

 

 

MANU CU MANU (MAIN ET MAIN)

Testo: Salvatore Meccio

Musica: Salvatore Meccio, Vittorio Catalano, Nicolò Terrasi, Luca Lo Bianco 

Arrangiamento: Tammorra

 

Les mains sont le reflet de nos actions, de notre façon d’être. En prendre conscience peut nous encourager à les faire s’évader des barrières mentales qui nous avons construit et de nous aider à vivre le présent. Et toi, que fais-tu faire à tes mains? 

 

Regarde cette main comme elle bouge:

Comme une chauve-souris vers la lumière

 

Depuis longtemps, elle est emprisonnée

Elle veut s’échapper sur ces cordes

 

Combien de choses sait-elle faire

Depuis que je l’ai aidée à s’évader

 

Maintenant elle peut faire ce qu’elle veut

Et toi, à tes mains, que leur fais-tu tu faire?

 

Les mains se rencontrent dans la musique 

Mains et petites mains pour jouer

Main contre main pour se disputer

Main dans la main pour faire l’amour

 

MALA LUNA (MAL DE LUNE)

Texte: Salvatore Meccio

Musique: Salvatore Meccio, Massimo Laguardia

Arrangements: Tammorra

Dans cette chanson la lycanthropie est invoquée par un être humain tout à fait commun en tant que force surnaturelle pour lui donner le courage de réagir aux abus de pouvoir et des personnes qui, comme des loups affamés, dévorent les âmes des gens honnêtes.  

Conscients de notre état de soumission aux puissances financières  et au système capitaliste, “Mala luna” est un chant de protestation, une exhortation à la rébellion.

 

Santo Vito protecteur des chiens, réconfortez-moi demain

Car il y aura la pleine lune et le mal se déchaîne

Ma tension monte et mes nerfs s’agitent

 

Je passe les jours de ma vie à travailler et à prier 

Silencieux et soumis comme un chien

Je baisse la tête face à ceux qui me gouvernent

Je parle peu et bois beaucoup et chaque jour il y a des problèmes

 

Mais quand j’entends les loups hurler

Je dois donner libre cours à cette folie

Le sang me monte à la tête et je fais la fête

Je lève les yeux au ciel 

 

Santo Vito protecteur des chiens, attachez-moi les mains

Tenez-moi les pieds, la lune est grande dans le ciel

Couvrez-moi les yeux, couvrez-les moi avec un voile

 

Les loups du gouvernement ont créé l’enfer

Le loup de l’Etat est vénéré plus qu’un Saint 

Le loup de l’Eglise mange, engraisse et ne se pèse pas

Et il dit la messe pour les oreilles des idiots

 

Les loups des hôpitaux sont plus bêtes que les animaux

Tu t’attends à être soigné alors que ta tombe est déjà creusée 

Puis il y a le Loup des loups qui nous manouvre tous comme des marionnettes

S’il t’attrape avec ses mains, tu vas aussi dans la marmite

 

Santo Vito, mon cœur, parlez avec Dieu

Car demain tout peut aller à la dérive

Si je rencontre quelque loup mafieux

D’abord je l’étrangle et ensuite je lui pardonne